Brigadiers scolaires: lisez le rapport minoritaire d'Ensemble Montréal

Voici le rapport minoritaire présenté par Ensemble Montréal lors de la réunion de la Commission sur la sécurité publique chargée d'étudier la sécurité des déplacements entre la maison et l'école. L'enjeu principal portait sur l'augmentation du nombre de brigadiers scolaires à Montréal, mais la majorité des commissaires (issus de Projet Montréal) ont préféré émettre des recommandations vagues et diluées, en ne s'engageant aucunement sur une éventuelle augmentation.

Introduction

Lors de la séance du conseil municipal du 20 août 2018, les élus d’Ensemble Montréal ont déposé une motion demandant que la Ville de Montréal revoit ses pratiques entourant l’embauche de brigadiers scolaires et qu’elle augmente leur nombre en fonction des besoins exprimés par les différents partenaires (commissions scolaires, arrondissements, etc.).

Il faut savoir que le nombre de brigadiers scolaires à Montréal n’a pas augmenté depuis plus de 20 ans, malgré les nouveaux besoins entraînés par l’augmentation du nombre d’écoles et d’écoliers et malgré les demandes répétées des commissions scolaires et des élus locaux.

Il y avait donc dans la motion adoptée au conseil municipal un engagement à augmenter le nombre de brigadiers scolaires sur l’île de Montréal et un engagement concret à réviser les pratiques de la Ville de Montréal, et donc du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), de qui relève la décision d’embaucher les brigadiers.

Malgré ces deux objectifs bien précis, la séance de la Commission de la sécurité publique chargée d’étudier la sécurité des déplacements entre la maison et l’école a plutôt servi à «noyer le poisson», reléguant la question du nombre insuffisant de brigadiers scolaires à la toute fin des recommandations, tout en laissant au seul SPVM le soin de revoir les critères d’analyse justifiant l’attribution (ou non) de brigadiers scolaires à des intersections.

1. La question du manque de brigadiers évacuée des recommandations

À lire les recommandations de la Commission de la sécurité publique, on a l’impression que tout a été fait afin de minimiser le rôle des brigadiers scolaires pour assurer la sécurité des déplacements de enfants.

Dans le troisième attendu, par exemple, on prend même la peine de faire une longue énumération des «nombreux autres types de mesures et initiatives qui contribuent à améliorer la sécurité des élèves lors de leurs déplacements entre la maison et l’école»: saillies de trottoirs, panneaux d’arrêt, dos d’âne, marquage des traverses, réduction de la vitesse aux abords des écoles, etc.

De même, dans les recommandations, on parle d’«encourager la mise en place d’autres mesures pour rendre plus sécuritaires les déplacements des élèves entre la maison et l’école».

Les recommandations touchant véritablement à l’enjeu des brigadiers scolaires sont inscrites complètement à la fin du document (R-13, R-14 et R-15). Elles sont pour le moins timides, quand on considère que la motion adoptée au conseil municipal en août 2018 prenait l’engagement d’augmenter leur nombre.

Ainsi, la recommandation est maintenant de «revoir le budget attribué à l’embauche des brigadiers scolaires afin de répondre aux besoins identifiés une fois que les critères et le processus d’attribution auront été modernisés».

Or, c’est le SPVM qui demeure responsable de cette «modernisation». Et il est très clair dans son document de présentation que le SPVM n’entend pas se plier si facilement aux demandes pour des brigadiers scolaires supplémentaires. On peut y lire:

«La hausse du nombre d’élèves n’est pas nécessairement proportionnelle à une hausse du nombre de brigadiers scolaires.»

Les besoins sont pourtant connus depuis longtemps. Par exemple, dans son mémoire présenté lors de la consultation publique, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) dit souhaiter une hausse de 22% du nombre de brigadiers sur son territoire, en lien avec l’augmentation de sa clientèle au cours des 10 dernières années

Cependant il n’y a aucune recommandation ni engagement visant à augmenter le nombre de brigadiers scolaires dans le rapport de la Commission de la sécurité publique. Aucun engagement non plus à offrir le service des brigadiers durant les journées pédagogiques, une autre demande unanime du milieu scolaire.

2. Le SPVM est toujours roi et maître en ce qui concerne l’embauche des brigadiers scolaires

On laisse encore aux policiers le soin d’établir les critères – même révisés – d’attribution des brigadiers, sachant que le SPVM a refusé durant des années les demandes en provenance des différentes écoles, commissions scolaires ou élus locaux, notamment pour des raisons budgétaires.

Cette «révision des critères» se fera uniquement avec les experts en santé publique, sans prendre en compte l’avis des commissions scolaires, des directeurs d’écoles ou des comités de parents. À l’intention de ces groupes, on demande seulement au SPVM de «bonifier le partage des informations et des expertises».

Ainsi, au lendemain de la révision des critères d’attribution, les Montréalais pourraient se retrouver avec exactement le même nombre de brigadiers scolaires dans les rues de la ville, car rien n’empêchera le SPVM de procéder comme il a toujours procédé, c’est-à-dire retirer un brigadier scolaire d’une intersection pour le placer à une autre.

Conclusion

Les recommandations de la Commission de la sécurité publiques ne respectent pas le mandat original tel que décrit dans la motion de l’Opposition officielle déposée en août 2018 et qui demandait une augmentation du nombre de brigadiers scolaires.

Non seulement la nécessité – on pourrait dire l’urgence – de répondre au besoin de nouveaux brigadiers est absente de la liste de recommandations, mais on conserve sensiblement le même processus pour la sélection et l’attribution de brigadiers scolaires, un processus dirigé entièrement par le SPVM, à qui on laisse carte blanche.

Après le retrait des cadets des chantiers de construction, le refus des caméras portatives et l’achat massif de pistolets Taser, l’administration Plante poursuit dans sa politique de ne pas vouloir déplaire au SPVM, au mépris des demandes répétées des divers intervenants en faveur de la sécurité des enfants.

Ensemble Montréal est clairement déçu du résultat de cet exercice et n’appuie pas les recommandations de la Commission.

 

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Autorisé par Jonathan Cohen, agent et représentant officiel.