Incident au métro Villa-Maria - Des voix s’élèvent pour exiger de la mairesse Plante une enquête externe sur l’incident d’usage abusif de la force dans le métro

Montréal, le 18 mars 2019 – À la suite d'un incident récent à la station de métro Villa-Maria, au cours duquel des inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM) ont frappé de leur matraque, à plusieurs reprises, un jeune Noir étendu sur le quai, une coalition d'organismes demande aujourd'hui à la Ville de Montréal d’appuyer les demandes en faveur d'une enquête indépendante sur l'incident et, ultimement, pour la création d'un organe de surveillance civile indépendant chargé d'entendre les plaintes contre les agents du transport en commun.

La coalition est formée de la Ligue des Noirs du Québec, du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), de l’Association jamaïcaine de Montréal, de l'Alliance des communautés de l’Asie du Sud, de l’Association de la communauté noire de Côte-des-Neiges et de Montréal En Action. Elle est soutenue par deux conseillers de la Ville, MM. Marvin Rotrand et Lionel Perez, chef de l’Opposition officielle à l’hôtel de ville.

S'exprimant au nom de la coalition, M. Fo Niemi, directeur du CRARR, souligne que, contrairement aux policiers qui peuvent faire l'objet d'une enquête par le Commissaire à la déontologie policière du Québec, les inspecteurs de la STM et les autres agents de transport en commun ailleurs au Québec ne sont soumis à aucun organe de contrôle civil indépendant lorsqu'ils sont la cible de plaintes du public pour comportement abusif, discriminatoire et illégal.

«Par le passé, de graves incidents impliquant des inspecteurs de la STM ont ébranlé la confiance du public», a déclaré M. Niemi. «Le suivi qui en a découlé s’est effectué dans le secret, avec des audiences à huis clos et des enquêtes internes dont les résultats n’ont pas été divulguées au public. En 2019, il s'agit d'un retour inacceptable à des pratiques datant d’une époque où la police se chargeait elle-même de surveiller la police.»

Pour sa part, M. Michael Smith, président de l’Association jamaïcaine de Montréal, a déclaré qu'il importait peu que le citoyen impliqué dans l'incident de Villa-Maria n’ait pas payé son billet ou qu’il ait dérangé les autres passagers, comme le prétend la STM. Selon lui, rien ne justifie un tel usage excessif de la force par les inspecteurs.

«Quand quelqu'un est couché sur le dos et ne résiste pas, c'est une agression de la part des autorités que de battre cette personne», indique M. Smith.

Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec, estime qu'au cours de la dernière année, la STM a eu des difficultés dans ses interactions avec les gens issus des communautés diverses.

«Par le passé, nous avons eu des problèmes avec ce que nous considérons comme des cas de profilage par les inspecteurs de la STM. Nous nous sommes plaints de cette situation. Je dois dire, en sa faveur, que la STM a fait des efforts pour collaborer avec nous. C'est l'une des raisons pourquoi nous lui avons décerné le prix Mathieu Da Costa en 2015. Cependant, depuis fin 2017, la STM s'est désengagée des organismes comme le nôtre et les cas d'interactions difficiles entre inspecteurs du métro et personnes de couleur sont devenus plus fréquents», a souligné M. Philip.

Mme Tiffany Callender, de l’Association de la communauté noire de Côte-des-Neiges, a déclaré que le traitement de cet incident troublant par des personnes externes, indépendantes et impartiales est essentiel pour préserver la crédibilité, la transparence et l’imputabilité dans la manière dont la STM répond au tollé général suscité par cette intervention violente.

«C'est une demande non négociable et elle doit constituer un premier pas vers la mise en place d'un organe de surveillance civil indépendant et permanent pour les inspecteurs du métro», a déclaré Mme Callender.

Les conseillers Marvin Rotrand et Lionel Perez demandent à la mairesse Valérie Plante de se joindre à eux pour soutenir les revendications de la coalition.

Les conseillers ont déclaré que les déclarations initiales de la STM avaient été contredites non seulement par une vidéo de l’incident, mais également par plusieurs déclarations de témoins. Ils ont indiqué être prêts à soulever la question par une motion lors de la séance du conseil municipal d'avril.

«Il est essentiel de maintenir la confiance du public dans notre agence de transport collectif», a déclaré M. Perez. «À l'heure actuelle, les plus de 100 000 Montréalais ayant visionné cette vidéo se demandent pourquoi la STM et la mairesse Plante restent silencieux quand on leur demande une réponse.»

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Autorisé par Jonathan Cohen, agent officiel.