Ensemble Montréal déposera une motion demandant une enquête indépendante immédiate sur l’incident de Villa-Maria

Montréal, le 30 avril 2019 – Passée en boucle dans les médias, devenue virale sur les réseaux sociaux et fortement décriée par la population, l’intervention violente menée par deux inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM), dont a été victime Juliano Gray, un jeune Montréalais de 21 ans, le 7 mars dernier à la station de métro Villa-Maria, requiert une enquête indépendante, approfondie et immédiate selon l’Opposition officielle.

Le 18 mars dernier, une coalition d'organismes de défense des droits soutenue par les élus municipaux Lionel Perez et Marvin Rotrand, avait exigé une enquête indépendante sur l'incident, ainsi que la création d'un organe de surveillance civile indépendant chargé d'entendre les plaintes contre les agents du transport en commun. Après que la STM et la mairesse Plante leur aient adressé une fin de non-recevoir, les élus transportent maintenant le combat au conseil municipal, où l'Opposition officielle déposera le 13 mai prochain une motion demandant à nouveau la tenue d'une enquête indépendante.

«Quand j’entends le président du conseil d'administration de la STM, Philippe Schnobb, dire que les normes et le protocole ont été respectés et qu'aucune faute n'a été commise par ses agents, je comprends le sentiment d’injustice que ressentent beaucoup de Montréalais. La mairesse Plante tente d’écarter la tenue d’une enquête indépendante, alors qu’il s’agit de la seule façon de faire la lumière sur cette histoire. Nous redoublerons donc d’efforts pour faire entendre raison à l’administration et pour protéger la population des abus de pouvoir d’inspecteurs de la STM», a déclaré M. Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal.

Une affaire tablettée par la STM et l’administration Plante

Rappelons que la STM a mené sa propre enquête à l'interne, d’une durée de seulement trois jours, sans même rencontrer et interviewer la victime de l’agression ni certains témoins-clés de l’incident.

«Après cette simili-enquête, menée en l'absence des règles élémentaires de transparence, la STM déclare tout bonnement que ses inspecteurs ont agi conformément au protocole et qu'il n'y aura pas de sanctions. C'est un processus malsain qui a mené à une décision précipitée et inacceptable. Cet incident démontre un grand manque de jugement de la part de la STM. Pourtant, la décision a été immédiatement sanctionnée par la mairesse Valérie Plante, avec la volonté évidente de balayer l’incident de Villa-Maria sous le tapis», a précisé M. Abdelhaq Sari, porte-parole d’Ensemble Montréal en matière de sécurité publique.

Des appuis de taille

Encore une fois, plusieurs organismes, dont la Ligue des Noirs du Québec, l’Association de la communauté noire de Côte-des-Neiges, l’Association culturelle PLAYMAS de Montréal, l‘Association des Philippins de l’âge d’or du Grand Montréal, Montréal en Action, l’Association des communautés sud-asiatiques, l’Association des gens d’affaires chinois, l’Association du Pangasinan et le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) appuient la démarche des élus et donnent leur bénédiction à la motion de l’Opposition officielle.

«Le jeune homme en question a vu ses droits bafoués, a été traité de façon inhumaine et il en paie le prix, puisqu’il a été diagnostiqué avec un choc post-traumatique. Qu’on ne vienne pas me faire croire qu’on a protégé le bien commun en intervenant de la sorte», a ajouté M. Marvin Rotrand, conseiller de la Ville du district de Snowdon.

Une motion claire

La motion de l’Opposition officielle stipule qu’une enquête sur l’incident du 7 mars soit confiée à une partie indépendante et externe et que le rapport qui en découle soit déposé intégralement au conseil municipal, de même qu’au conseil d’administration de la STM.

«Notre motion implique qu’une enquête indépendante est non seulement l’approche la plus raisonnable, mais également la plus efficace. Notre devoir est de restaurer la confiance du public et de faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. Tous les citoyens de cette ville, sans exception, ont le droit de se sentir en sécurité lorsqu’ils utilisent le métro», a conclu M. Perez.


Motion demandant l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante sur l’incident à la station Villa-Maria

Attendu que le 7 mars dernier, à la station Villa-Maria du métro de Montréal, M. Juliano Gray a été la victime d’une intervention violente de la part d’inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM), qui lui ont notamment asséné plusieurs coups de matraque;

Attendu que plusieurs groupes de défense des droits, dont le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), la Ligue des noirs du Québec, l’Association jamaïcaine du Québec, l’Alliance des communautés de l’Asie du Sud et l’Association de la communauté noire de Côte-des-Neiges, ont dénoncé cet incident comme un cas d’usage excessif de la force et de profilage racial par des inspecteurs de la STM;

Attendu que M. Gray a reçu un diagnostic de stress post-traumatique de la part d’un psychiatre, le forçant à un arrêt-maladie de 30 jours;

Attendu que la STM a mené une enquête dite interne d’une durée de trois jours et ce, sans rencontrer et interviewer ni la victime de l’agression ni certains témoins de l’incident en question;

Attendu qu’aucun rapport n’a été publié à la suite de cette enquête et que le président du conseil d’administration de la STM, M. Philippe Schnobb, s’est contenté de dire publiquement et dans une lettre, «que [les] inspecteurs ont agi selon les normes et procédures mises en place par la STM»;

Attendu que la STM a reconnu le problème du manque d’imputabilité de ses inspecteurs, mais qu’elle refuse tout de même de lancer une enquête indépendante sur l’incident du 7 mars;

Attendu qu’il existe un manque de transparence, d’équité et d’impartialité dans les procédures de la STM en ce qui concerne le traitement des plaintes des usagers à propos du travail des inspecteurs et que ce manque de transparence, d’équité et d’impartialité peut miner la confiance du public à l’endroit de la STM;

Attendu que les incidents impliquant l’usage de force excessive par les inspecteurs et les agents de la sécurité publique à l’endroit des usagers racisés ont des conséquences néfastes sur les relations interraciales et la cohésion sociale à Montréal;

Il est proposé par        Lionel Perez, chef de l’Opposition officielle et conseiller de la Ville du district de Darlington;

et appuyé par              Abdelhaq Sari, conseiller de la Ville du district de Marie-Clarac;
et                               Marvin Rotrand, conseiller de la Ville du district de Snowdon;

Que la Ville de Montréal lance sans délais enquête sur l’incident du 7 mars dernier à la station Villa-Maria et que cette enquête soit confiée à une partie indépendante et externe;

Que le rapport d’enquête soit déposé dans son intégralité au conseil municipal de la Ville de Montréal ainsi qu’au conseil d’administration de la STM.

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Autorisé par Jonathan Cohen, agent officiel.