Esclavagisme en Libye : Montréal doit faire entendre sa voix

Le porte-parole de l'Opposition officielle en matière de démocratie et de participation citoyenne, M. Frantz Benjamin, a présenté aux médias une motion qui sera déposée lors du prochain conseil municipal et qui vise à dénoncer et à condamner les pratiques esclavagistes auxquelles sont soumis des centaines de migrants originaires d'Afrique subsaharienne en Libye.

« Au cours des derniers mois, la communauté internationale a été alertée par les nombreux cas d'esclavage en Libye, alors que des centaines de migrants originaires d'Afrique subsaharienne et se dirigeant vers l'Europe sont systématiquement victimes d'homicides, d'enlèvements contre rançon, d'esclavage et de travail forcé, de viol et d'autres atteintes aux droits humains. Montréal, où vivent des milliers de citoyens originaires de cette région de l'Afrique, ne peut rester les bras croisés devant ces crimes contre l'Humanité », a déclaré M. Frantz Benjamin.

L'Opposition officielle demandera donc au conseil municipal de Montréal de condamner les pratiques esclavagistes qui ont cours en Libye, tout en enjoignant le gouvernement fédéral à faire pression sur les autorités libyennes pour que cessent toutes les atrocités.

Motion de solidarité envers les migrants originaires de l'Afrique subsaharienne victimes de pratiques esclavagistes en Libye

Attendu qu'au début du mois de juin, Amnistie Internationale alertait les autorités internationales sur des cas d'esclavages en Libye, citant des rapports de l'Observatoire International des migrations et le recoupement des témoignages recueillis par les chercheurs d'Amnistie;

Attendu que des centaines de migrants originaires d'Afrique subsaharienne sont systématiquement victimes d'homicides, d'enlèvements contre rançon, d'esclavage et de travail forcé, de viol et d'autres atteintes aux droits humains;

Attendu qu'à la Conférence des Nations-Unies de Durban, en Afrique du Sud, en 2001, les pays membres participants ont reconnu à l'unanimité l'esclavage comme une abomination;

Attendu que le 21 novembre 2017, le Conseil de sécurité des Nations-Unies condamnait unanimement « avec la plus grande fermeté tous les actes de traite d'êtres humains, en particulier de femmes et d'enfants, qui représentent la grande majorité des victimes de la traite »;

Attendu qu'à Montréal vivent des milliers de citoyennes et de citoyens originaires de l'Afrique Subsaharienne;

Attendu l'effroi et la douleur provoqués par ces images d'horreur chez de nombreux Montréalais, particulièrement les Afrodescendantes et Afrodescendants;

Attendu la Déclaration de Montréal contre la discrimination raciale (1989) et la Proclamation du 21 mars « Journée internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale » (2002);

Attendu que la Ville de Montréal, dans sa Déclaration contre la discrimination raciale, s'engage à prendre « toutes les mesures nécessaires pour combattre la discrimination basée notamment sur la couleur, l'origine ethnique ou la religion »;

Attendu que depuis 2006, la Ville de Montréal commémore la Journée internationale du souvenir de la Traite transatlantique des Noirs et de son abolition;

Attendu que depuis octobre 2006, la Ville de Montréal est membre de la Coalition internationale des villes inclusives et durables de l'UNESCO, faisant ainsi de la lutte contre le racisme un engagement fondamental;

Attendu que le programme des Cités interculturelles, dont Montréal est un membre actif depuis 2011, vise à développer un modèle de gouvernance favorisant l'intégration interculturelle au niveau municipal par la promotion de politiques et de pratiques qui encouragent les échanges, la compréhension et le respect entre cultures et populations différentes;

Attendu l'adoption à l'unanimité par le Conseil municipal de Montréal en 2017 de la Déclaration désignant Montréal comme ville sanctuaire;

Attendu que Montréal est membre influent de l'Association internationale des Maires francophones, dont un grand nombre de villes de l'Afrique subsaharienne sont membres;

Il est proposé par Frantz Benjamin et secondé par Lionel Perez et Abdelhaq Sari:

Que la Ville de Montréal condamne le racisme et les pratiques esclavagistes auxquels ont été soumis des centaines de migrants originaires d'Afrique subsaharienne en Libye;

Que la Ville de Montréal enjoint le gouvernement canadien à faire pression sur les autorités libyennes afin que cessent sans délai ces abominations, crimes contre l'Humanité;

Que la Ville de Montréal exprime sa solidarité avec ses villes sœurs membres de l'AIMF touchées directement par ces atrocités; et

Que cette résolution soit transmise aux députés fédéraux du territoire de la Ville de Montréal.  

SOURCE Ville de Montréal - Opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal

Renseignements : Romain Bédard, Directeur des communications, Cabinet de l'Opposition officielle, 514-296-5356

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